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« Je puis le dire sans coquetterie : j’ai été appelé par Hebel. Ce n’est pas moi qui suis allé le chercher. » Walter Benjamin, Manuscrit 842, GS II, 2, p. 1445 |
1) Le volume Walter Benjamin en exil : entre expérience et pauvreté circule depuis le 17 octobre dernier.
Il en est question ici :
– Richard Figuier, « Le pari de la pauvreté », in En attendant Nadeau, n° 231, 7 novembre 2025.
– Jérôme Delclos, « Mettre les voiles, tirer les bords », in Le Matricule des anges, n° 268, novembre-décembre 2025, p. 11.
Voir [ici].
Une présentation du livre Walter Benjamin en exil : entre expérience et pauvreté, en présence de Christophe David et de Florent Perrier, qui en ont dirigé la publication, aura lieu à la librairie Comment Dire, à Rennes, le 20 janvier 2026, à 18h30
La rencontre sera animée par Audrey Giboux.
Voir [ici].
2) Walter Benjamin nommait Hebel « un général du repli », imaginant qu’existaient des généraux formés non pas à l’attaque, mais au recul en période de débâcle (générale). Ce n’est pas pour rien, sans doute, qu’au premier Noël de l’exil (en décembre 1933) ce soit Hebel qu’il recommande aux Allemands, dans les pages d’un journal pragois – qui demandait à plusieurs écrivains exilés : « Que lire pour Noël ? »
Il se peut que Kurt Tucholsky, en exil lui aussi (en Suède), ait lu cet article de Benjamin. Il se peut aussi qu’il ne l’ait pas lu. Quelques jours après sa parution, au tout début de 1934, il écrivait à Hasenclever (en exil, lui aussi) (en France) :
De la prose ? Très bien. Si je puis me permettre de recommander en guise de bain purifiant, pour l’âme : beaucoup de Hebel (avec un b), Kleist et Schopenhauer – ça fait le ménage dans les coins.
3) Paraît ces jours-ci aux éditions Pontcerq :
Johann Peter Hebel, Historiettes
332 pages, 15,5 x 20,5 cm, 23,50 €, ISBN 978-2-919648-41-2
Plus de 70 historiettes, suivies d’une « Note biographique (brève) sur Hebel »
N. B. Les Historiettes de Hebel paraissent dans la collection « Classique Bandeau »
(après Le Messager de Hesse de Büchner/Weidig et L’Apocoloquintose de Sénèque)
Voir [ici].
Nota Bene : À l’occasion de la sortie du livre, une soirée de lecture d’extraordinaires historiettes de Hebel se tiendra à la librairie L’Atelier, à Paris, ce vendredi 16 janvier 2026, à 19h30, en présence de Frédéric Metz, traducteur des textes, et de Lionel Monier, comédien-rezitator.
Voir [ici].
4) En 1926, il y a cent ans, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de Hebel, Benjamin fit paraître dans la presse plusieurs articles sur l’écrivain. Il le défendit aussi (avec une violence étonnante) contre une réception affadissante qu’il commençait à voir poindre dans les lectures qu’on faisait de Hebel, depuis l’université – en particulier sous la plume d’un certain Bürgisser (lequel, sans doute, prit pour les autres) : quand Hebel est réduit à de la porcelaine lisse, à l’inoffensif bibelot, aux tendres paysages *…
Nam tibi praterea quod machiner inveniamque,
quod placeat, nihil est : eadem sunt omnia semper.
Pontcerq,
13 janvier 2026
* Cf. GS III, p. 203-206, trad. fr. Philippe Ivernel : « Hebel défendu contre un nouvel admirateur », in Benjamin, Œuvres et inédits, t. 13.1 : « Critiques et recensions », Klincksieck, 2018, p. 224-228.
